Michel Martina, aquarelliste poétique

Éliane Borloz

Cet artiste n'est pas fait pour les turbulences, ni pour les langages hermétiques ou pseudo-intellectuels. Il continue dans la voie qu'il a choisie – en admettant que ce soit un choix – celle en conformité avec sa nature qui, précisément, est de rendre la nature poétique.

Il aime le soleil, la pluie, le brouillard... les petits matins frileux, les crépuscules brumeux... les jours d'hiver, les soirs d'été... Il semble vivre, sinon vibrer au rythme des saisons et de leurs contrastes. Brumes et rivières nous restituent des ambiances orientales, fluides et poétiques.

De plus, Michel Martina souligne ces climats différents par des titres évocateurs. Sur le plan technique, on retrouve chez cet artiste l'amour du travail bien fait : le souci de la mise en page, classique il est vrai, traduit bien ces atmosphères si différentes selon les instants de la journée ou des saisons qu'il traite.

Ses tons sont chaleureux et sobres. La lumière vibre de partout ainsi que cette transparence si nécessaire dans la technique de l'aquarelle. Plus rigoureuses sont ses gouaches. De toute évidence, Michel Martina donne le meilleur de lui-même. Il ne se laisse pas impressionner, ni par les courants à la mode – dont on ne sait pas très bien lesquels ils sont et pour combien de temps ils dureront – ni par son succès.

D'ailleurs, il est tellement plus à l'aise dans son atelier qu'à ses propres vernissages, que l'on peut reprendre l'idée de Valéry, lorsqu'il dit : l'homme se distingue par ce qu'il montre et se ressemble par ce qu'il cache.

Repères biographiques

Graphiste, peintre et dessinateur, maître d’atelier à l’École des Arts Décoratifs ; ancien membre de la Palette Carougeoise (1974-2003), de la Société Suisse des Beaux-Arts et de la Société des Artistes français.

 

Originaire de Carouge, Michel Martina est né à Onex le 15 novembre 1932. De 1947 à 1951, il se forme à l’École des Arts Industriels de Genève où il suit les cours de MM. Haberjahn, Gœrg, Brunner, Fontaine, Carteret, Poncy, Feuillat, Humbert notamment. Parallèlement à ces études, il complète sa formation par un apprentissage dans l’atelier privé du peintre Emilie Courvoisier.

 

Enseignant puis doyen à l’École des Arts Décoratifs (1964-1994), il vit sa carrière de peintre en marge des mouvements d’art contemporains. Il utilise plusieurs techniques picturales parmi lesquelles la gouache, le pastel et l’aquarelle, privilégiant cette dernière pour ses peintures de paysages. En 1958, il partage un atelier avec ses amis Albert-Frédy Rey et Henri Kauffmann aux Eaux-Vives, puis dès 1962, à Carouge avant de construire le sien à Onex, dans sa propriété.

 

Sous l’impulsion d’André C. Lambert, Michel Martina expose pour la première fois en 1970 et, par la suite, dans de nombreux musées et galeries de Suisse romande et dès 1978, en France, à Paris surtout, dans le cadre du salon des Artistes français. Après avoir fait partie de ces groupes artistiques, il travaille désormais en totale indépendance.

 

Même si Michel Martina affectionne tout particulièrement la peinture de paysage, il exprime aussi sa passion pour le dessin dans l’illustration : Quatre nouvelles de C. F. Ramuz et Le grand Meaulnes d'Alain-Fournier, aux éditions Noces d’encre (2006 et 2014).

Michel Martina [peintre]

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